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Le poème de la semaine

Tous les articles (22)
  • Le poème de la semaine

    Par ISABELLE FERANDON, publié le mardi 7 février 2017 15:32 - Mis à jour le mardi 7 février 2017 15:38

    Ne fermez pas vos portes, Walt Whitman (1819-1892)
    Ne fermez pas vos portes, orgueilleuses bibliothèques,
    Car ce qui manquait sur vos rayons bien remplis, mais dont on
    a bien besoin, Je l’apporte,
    Au sortir de la guerre, j’ai fait un livre
    Les mots de mon livre, rien; son âme, tout ;
    Un livre isolé, sans attache, avec les autres, point senti avec l’entendement.
    Mais à chaque page, vous allez tressaillir de choses qu’on n’a pas dites.
    Feuilles d’herbes (Traduction de Jules Laforgue) 1865

    Shut not your doors
    Shut not your doors to me proud libraries,
    For that which was lacking on all your well-fill’d shelves, yet
    needed most, I bring,
    Forth from the war emerging, a book I have made,
    The words of my book nothing, the drift of it every thing,
    A book separate, not link’d with the rest nor felt by the intellect,
    But you ye untold latencies will thrill to every page.
    Leaves of grass

    Walt Whitman, poète américain du 19è siècle est considéré comme un des piliers de la poésie américaine avec Emilie Dickinson. Son recueil le plus connu est Feuilles d'herbes (Leaves of grass) traduit par le poète symboliste français Jules Laforgue.

  • Le poème de la semaine

    Par ISABELLE FERANDON, publié le lundi 9 janvier 2017 16:59 - Mis à jour le mardi 7 février 2017 15:38

    (Sans titre) Emilie Dickinson (1830-1886)

    Il n'y a pas de frégate comme un livre
    Pour nous emporter en terre lointaine
    Ni de coursier comme une page
    De fougueuse poésie—
    Le plus pauvre peut être du voyage
    Sans l'injure du péage—
    Qu'il est frugal le chariot
    Qui transporte l'âme humaine.
    Traduit par Charlotte Melançon

    There is no Frigate like a Book
    To take us Lands away
    Mor any Coursers like a Page
    Of prancing Poetry—
    This Travel may the poorest take
    Without offence of Toll-
    How frugal is the Chariot
    That bears the Human soul.
    Émilie Dickinson est une poétesse américaine du 19è siècle. L’essentiel de son œuvre a été découvert et publié après sa mort.

  • Le poème de la semaine

    Par ISABELLE FERANDON, publié le vendredi 9 décembre 2016 12:29 - Mis à jour le vendredi 9 décembre 2016 12:32

    Poème, James Schuyler* (1923-1991)
    Le vent déchire le soleil
    Et le répand dans la neige.
    Le ciel sourit et de sa
    bouche tombe libérée
    une dent de lait qui d’elle-même
    glisse sous l’oreiller
    d’un  nuage. La Petite Souris
    sait où chercher et quand
    mettre sous clef les feuilles
    depuis longtemps entassées
    et délaissées : « Je pars dans le sud. » Pas
    maintenant, même si cette drôle de pluie
    d’hiver duvetée descend
    sans férir et couvre l’herbe
    de blanc et de sec, un shampoing
    de maïzena. « Emmêlez,
    démêlez. » Plus facile
    à dire qu’à faire. Les choses
    prennent le temps qu’elles prennent :
    les feuilles s’enfuient, l’hiver
    et ses flocons, pas moins
    même si plus brièvement vécus.
    Dans Il est douze heures plus tard, recueil de poèmes choisis.
    *James Schuyler est un poète américain associé à « l’école de New York ».

  • Le poème de la semaine

    Par ISABELLE FERANDON, publié le vendredi 25 novembre 2016 15:28 - Mis à jour le vendredi 25 novembre 2016 15:31

    Héritage, Kevin Powers* (1980-)

    C'est utile d'aimer les choses inutiles.
    J'aimais
    les vieux figuiers de Barbarie qui flétrissaient
    dans notre jardin quand nous étions petits.
    J'aimais entre autres
    la bouteille en verre transparent
    d'Old Milwaukee que tu lançais
    dans la poubelle
    par la vitre ouverte de ta voiture
    lorsque tu rentrais à la maison ;
    j'aimais les dizaines d'éclats
    qui se dispersaient
    en cercles concentriques
    telles des constellations ; j'aimais
    la dignité avec laquelle
    l'objet en orbite
    semblait se concentrer
    d'être ce qu'il était l'espace d'un instant.
    J'ai aimé aussi un vieil homme
    indifférent aux choses inutiles
    comme ce poème
    qui tournoie